Les frissons des premières fois, des premiers émois, du coeur qui bat à tout rompre dès que l'Être apparaît, frissoner alors qu'il s'approche, puis succomber, tout en savourant dix mille fois le baiser tant attendu...
S'avouer vaincu, avouer l'amour, le laisser triompher, nous porter, et le porter à notre tour.
Le porter comme autant de petites étoiles scintillantes sur notre peau, dans nos yeux, sur nos lèvres, les partager, laisser leur lumière nous réchauffer et faire briller nos pupilles.
Vibrer, tel un moteur vivant, de tant d'émotion, de toute cette vie, que l'on a l'impression de vivre pour la première fois.
Partager, les sourires, les regards, cette complicité qui ne se fait qu'à deux, et qui dépasse tout ce que l'Univers pouvait inventer.
Plus rien n'existe à par l'autre, mais tout existe autour de lui pour le faire ressortir d'autant plus, se servir dans les rayonnages de la vie pour accomoder tous ces moments et les rendre si magiques, inoubliables, frais comme le vent qui souffle en haut de la grande roue, et chauds comme le soleil qui ne brille que pour nous.
Croquer une pomme d'amour à deux, regarder les marques de nos dents et en sourire, comme si ce fruit éphèmère représentait tout.
Laisser les saisons passer, puis sentir moins le froid, sentir moins le chaud, pour avoir une tiédeur plaisante, un confort tout fait, comme un fauteuil dans lequel on s'installe tout le temps, et où la marque reste.
Etre sûr que l'autre est là, puis en douter, pour finalement de nouveau en être sûr. Evidemment.
Puis sentir moins la tiédeur, comme si la polaire autour de nos épaules était élimée et qu'il fallait la racommoder.
Faire un patchwork, avec des morceaux, et du fil blanc.
Puis finalement la poser sur ce fauteuil, pour ensuite...




